Lundi 29 janvier 2007
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On s'était donné rendez-vous "Place des p'tites frappes"
"Alors Riton, t'es sorti quand ?". Tels furent les premiers propos de Nénesse à son vieux comparse Riton, devant le zinc du bistrot "Chez Bouboule" de Ferrière-les-Birguines. Les yeux embrumés, les mains tremblantes et l'haleine grasse, Ernest "Nénesse" Jolibois a du mal à contenir son émotion devant l'homme qui fut son compagnon d'infortune pendant de si nombreuses années. C'est que ces deux-là ne s'étaient pas revus depuis 13 ans, date à laquelle Nénesse était sorti du centre pénitentiaire de Cargouls-sur-Moile. Il y était incarcéré pour braquage à main armé et homicide involontaire. Mais il y a deux semaines, son pote Riton s'est inscrit sur le site Internet taulardavant.com, équivalent carcéral d'un célèbre site permettant de retrouver ses anciens camarades de classe. "Trois jours après mon inscription, j'ai reçu un message de mon ancien colocataire de cellule. Nous avons pris rapidement contact et organisé nos retrouvailles". Depuis, ces deux compagnons ne se quittent plus. Ils ont même des projets ensemble : "Construire un centre d'accueil pour les anciens taulards, monter une fabrique de savonnettes, faire un casse de banque…". Qui a dit que la prison "brisait" les délinquants ?
Le tuning expliqué à mon pépé
Robert Grougnon, un sympathique retraité habitant de la place du Champ de Foire, subit chaque soir le rituel pétaradant des amateurs de tuning venus des villages environs pour se montrer leurs grosses cylindrées. Excédé par le bruit et l'odeur de ces engins motorisés, Robert a failli voir rouge. Mais bien heureusement, son petit-fils, Cédric Puybert, a su le raisonner avant qu'un coup de fusil ne transperce le ciel. Il faut dire que Cédric est étudiant en 3e année de psychologie à la Faculté Muriel-Hermine de Janvier-les-Côteaux et que justement, il a produit une thèse sur le phénomène du tuning, avec lequel il a un peu flirté fut un temps. "En vérité, j'ai découvert que le tuning présentait une similitude avec la démarche qui pousse les femmes à pratiquer la chirurgie esthétique. En effet, c'est une recherche de beauté parfaite qui inspire les mécanos du dimanche dans le rafistolage de pare-chocs ou l'installation d'une hi-fi dopée. Le "tuner" aspire à rendre beau ce qui ne l'est pas, à transcender le réel pour le rendre suréel, comme dirait le philosophe roumain d'origine bolivienne Vladislav Antchontiatov : "Transfigurer une bouse pour en faire une fleur"". Pour autant, ces explications éclairées n'ont pas suffi : Robert Grougnon a été interpellé par les gendarmes après avoir, sous l'emprise de la colère, passé une 205 GTI au motoculteur.
L'ostréiculteur à deux doigts de saboter le dîner caritatif
On n'est passé pas très loin du scandale il y a quelques mois à Chicon-sur-Plougne. En effet, dans cette ville d'environ 8.000 habitants, le Club des bonnes consciences (CBC) a failli ne pas pouvoir organiser son repas caritatif annuel à la salle des fêtes Marc-Lavoine. "Quelques heures avant le dîner, nous nous sommes aperçus que l'ostréiculteur n'avait pas honoré totalement la commande, et qu'il manquait 3 bourriches d'huîtres sur 5", explique Marianne Dupont-Laroche, épouse du Docteur Aristide Dupont-Laroche, et trésorière du CBC. Ulcérés par une telle faute, les organisateurs ont mis l'ostréiculteur indélicat à la porte, sans lui payer sa marchandise. "Mais que faire ? Nous n'allions tout de même pas annuler notre dîner de gala à cause d'un pauvre paysan malveillant ? Nous avons donc décidé de maintenir cette fête", prévient Mme Dupont-Laroche. Le repas a donc pu avoir lieu malgré un nombre limité d'huîtres au menu, réunissant la crème de Chicon : médecins, chirurgiens, dentistes, banquiers, avocats, etc. "Heureusement que le dîner a eu lieu, sinon nous nous serions sentis coupables envers les bénéficiaires", admet Pierre-Georges Minet-Brolard, président d'honneur du CBC. Les recettes de la soirée étaient en effet reversées aux Restos du Cœur.
"Alors Riton, t'es sorti quand ?". Tels furent les premiers propos de Nénesse à son vieux comparse Riton, devant le zinc du bistrot "Chez Bouboule" de Ferrière-les-Birguines. Les yeux embrumés, les mains tremblantes et l'haleine grasse, Ernest "Nénesse" Jolibois a du mal à contenir son émotion devant l'homme qui fut son compagnon d'infortune pendant de si nombreuses années. C'est que ces deux-là ne s'étaient pas revus depuis 13 ans, date à laquelle Nénesse était sorti du centre pénitentiaire de Cargouls-sur-Moile. Il y était incarcéré pour braquage à main armé et homicide involontaire. Mais il y a deux semaines, son pote Riton s'est inscrit sur le site Internet taulardavant.com, équivalent carcéral d'un célèbre site permettant de retrouver ses anciens camarades de classe. "Trois jours après mon inscription, j'ai reçu un message de mon ancien colocataire de cellule. Nous avons pris rapidement contact et organisé nos retrouvailles". Depuis, ces deux compagnons ne se quittent plus. Ils ont même des projets ensemble : "Construire un centre d'accueil pour les anciens taulards, monter une fabrique de savonnettes, faire un casse de banque…". Qui a dit que la prison "brisait" les délinquants ?
Le tuning expliqué à mon pépé
Robert Grougnon, un sympathique retraité habitant de la place du Champ de Foire, subit chaque soir le rituel pétaradant des amateurs de tuning venus des villages environs pour se montrer leurs grosses cylindrées. Excédé par le bruit et l'odeur de ces engins motorisés, Robert a failli voir rouge. Mais bien heureusement, son petit-fils, Cédric Puybert, a su le raisonner avant qu'un coup de fusil ne transperce le ciel. Il faut dire que Cédric est étudiant en 3e année de psychologie à la Faculté Muriel-Hermine de Janvier-les-Côteaux et que justement, il a produit une thèse sur le phénomène du tuning, avec lequel il a un peu flirté fut un temps. "En vérité, j'ai découvert que le tuning présentait une similitude avec la démarche qui pousse les femmes à pratiquer la chirurgie esthétique. En effet, c'est une recherche de beauté parfaite qui inspire les mécanos du dimanche dans le rafistolage de pare-chocs ou l'installation d'une hi-fi dopée. Le "tuner" aspire à rendre beau ce qui ne l'est pas, à transcender le réel pour le rendre suréel, comme dirait le philosophe roumain d'origine bolivienne Vladislav Antchontiatov : "Transfigurer une bouse pour en faire une fleur"". Pour autant, ces explications éclairées n'ont pas suffi : Robert Grougnon a été interpellé par les gendarmes après avoir, sous l'emprise de la colère, passé une 205 GTI au motoculteur.
L'ostréiculteur à deux doigts de saboter le dîner caritatif
On n'est passé pas très loin du scandale il y a quelques mois à Chicon-sur-Plougne. En effet, dans cette ville d'environ 8.000 habitants, le Club des bonnes consciences (CBC) a failli ne pas pouvoir organiser son repas caritatif annuel à la salle des fêtes Marc-Lavoine. "Quelques heures avant le dîner, nous nous sommes aperçus que l'ostréiculteur n'avait pas honoré totalement la commande, et qu'il manquait 3 bourriches d'huîtres sur 5", explique Marianne Dupont-Laroche, épouse du Docteur Aristide Dupont-Laroche, et trésorière du CBC. Ulcérés par une telle faute, les organisateurs ont mis l'ostréiculteur indélicat à la porte, sans lui payer sa marchandise. "Mais que faire ? Nous n'allions tout de même pas annuler notre dîner de gala à cause d'un pauvre paysan malveillant ? Nous avons donc décidé de maintenir cette fête", prévient Mme Dupont-Laroche. Le repas a donc pu avoir lieu malgré un nombre limité d'huîtres au menu, réunissant la crème de Chicon : médecins, chirurgiens, dentistes, banquiers, avocats, etc. "Heureusement que le dîner a eu lieu, sinon nous nous serions sentis coupables envers les bénéficiaires", admet Pierre-Georges Minet-Brolard, président d'honneur du CBC. Les recettes de la soirée étaient en effet reversées aux Restos du Cœur.

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