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Mardi 5 février 2008
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Thierry Ramier en a assez. Vingt ans qu'il se bat contre la justice française pour faire admettre qu'il est victime de "diffamation". Mi-janvier, la cour de cassation de Paris a débouté sa demande, au motif que les propos formulés à son encontre étaient valides.

Tout a commencé en 1986, dans la cour de récréation de son école de Mazières-en-Gâtine (Deux-Sèvres). Thierry a alors 7 ans, le physique ingrat, et une myopie assez lourde qui le contraint à porter des lunettes à verres épais. "C'est là que mon calvaire a démarré, se souvient Thierry, devenu aujourd'hui expert-comptable. "La bande de Teddy Vignaud n'arrêtait pas de me harceler : coups de pied dans les tibias, cartable renversé dans les toilettes, déjections canines dans la trousse… Et puis un soir, alors que nous attendions le car scolaire, l'insulte de trop :Va te faire mettre, quat'z'yeux"". Ulcéré par une telle atteinte à sa personne, Thierry, du haut de ses 7 ans, et avec les conseils de son cousin Pascal qui entamait un CAP d'avocat, décide de porter plainte pour "diffamation". Mais là encore, alors qu'il vient chercher du réconfort, les moqueries fusent : "Hey Véro, viens donc voir le petit bigleux qui veut porter plainte parce qu'il s'est fait traiter !"., lui répond-on quand il vient déposer sa plainte au commissariat. Thierry attaque encore.

47.457 plaintes suivront en 17 ans, car les insultes ne manqueront pas : "Bigleux" au collège, "Petite bite" au lycée, "Puceau des bois" à la fac ou encore plus récemment dans son cabinet d'expertise-comptable : "Pue du bec à lunettes". Certes, aucune plainte n'a encore abouti, mais le combat de Thierry est noble : "Je ne le fais pas seulement pour moi, mais pour tout ceux qui se font insulter gratuitement à cause de leur physique difficile".

Sa demande annulée ? Le président de la cour de cassation répond formellement : "Nous nous appuyons sur des expertises, qui prouvent qu'effectivement, M. Ramier a une correction optique l'obligeant à porter des verres peu esthétiques. Ce qui peut entraîner des moqueries, certes sévères, mais justifiables. En tout cas, il a été établi par huissier que M. Ramier puait vraiment du bec". Pas découragé pour deux sous, Thierry Ramier dénonce "une justice à deux vitesses" et entend porter l'affaire devant la cour européenne des Droits de l'homme.
- Publié dans : Société
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