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Lundi 29 janvier 2007 1 29 /01 /2007 14:18


A l'aube de l'année 2007, un illustre inventeur s'est éteint dans  l'indifférence générale. Pourtant, ses œuvres ont égayé et  égayeront encore pour des années encore les cours de récréation. Qui n'a jamais joué au jeu de la barbichette ? Ou à l'élastique ?

Tous ces jeux, et bien d'autres, sont le travail du Picard Jean Gaspard, décédé le 4 janvier dernier à l'âge de 93 ans.

Ces premières réalisations datent du service militaire. En 1934,alors que l'Europe est tendue à quelques années de la guerre, la  tendance n'est pas à la franche rigolade. Le jeune soldat Gaspard a  donc le projet d'amuser ses camarades en inventant de nouveaux  jeux. C'est là que lui vient une idée toute simple : une craie et  une pierre feront l'affaire. La marelle est née ! Mais si son jeu a  l'aval de ses supérieurs, estimant qu'un peu de distraction  réjouira les troupes et les galvanisera, Gaspard subit rapidement  les railleries de ses camarades de régiment, qui méprisent ce jeu  "de tapettes". Objet de moqueries, il finit par prendre l'armée en  grippe (c'est à ce moment-là qu'il créé "la balle au prisonnier" d'ailleurs) et réussit à se faire réformer in extremis.

Revenu à la vie civile, il se met à développer de nombreux jeux en  observant les enfants dans les parcs ou dans les écoles. Il raconte  dans son autobiographie datant de 1976 (Editions Labinouze) que  l'idée de l'élastique lui est venu un matin en lançant ses  chaussures. "J'étais en train de boire un soda, et là ce fut le déclic. Il suffisait d'un élastique et de quelques figures pour amuser les jeunes filles pendant des heures". On lui doit également "le loup", "la tomate" et "un, deux, trois soleil". Dans les années 90, les Crados, pogs ou autres Pokémon n'auront qu'un impact  moindre sur son activité. Car c'est sans compter sur la nature  indémodable des jeux de Gaspard, qui traversent le temps, renvoyant  les distractions modernes à leurs chères études.

Aujourd'hui, c'est un peu tous les écoliers que nous fûmes, ceux qui sont ou qui seront, qui sont orphelins.
Par Atchoum - Publié dans : Société
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