La dérive des produits dérivés

Publié le par Athokem

Pour dynamiser les ventes, l'industrie des produits jeunesse s'étend à des secteurs étonnants.

C'est en cherchant un "machin-qui-sent-bon-pour-toilettes" mercredi dernier à la supérette du coin, que Léon Zekilo-Debarbak fait une découverte abracadabrante : il tombe sur un produit parfumant pour waters, estampillé Harry Potter. Un peu plus loin dans le même rayon, c'est un débouche-canalisations en bois et caoutchouc marqué du sceau du héros de Nintendo, Super Mario, qui est proposé à la vente. Face à ces associations contre nature, notre sympathique consommateur pose la question cruciale : "Pour vendre leur merde, ils vont jusqu'où ?".

En effet : "Pour vendre les trucs les plus pourris possibles, mais très cher vu qu'il y a le nom d'un personnage déposé dessus, on est capable d'aller très loin", affirme sans sourciller James Haynems, directeur marketing pour Fisher Price. Chez le spécialiste du jouet américain Toys'r'us, on évalue à 47% la progression des ventes de ce type de produits.

Ainsi, ne vous étonnez pas chers parents, de voir votre fille vous réclamer le dernier stérilet Bratz, qui s'arrache dans les cours de récré. Cette mère de famille raconte : "Au début j'ai été un peu étonnée, mais puisque ça fait plaisir à mon petit garçon d'avoir un motoculteur Spiderman".

Devant ce marché juteux, les associations de parents, habituellement promptes à dénoncer les politiques mercantiles les plus nauséabondes, restent perplexes. "C'est vrai que c'est un peu bizarre, mais c'est quand même plus fun d'avoir un enjoliveur Mickey, plutôt que des jantes 15 pouces".

Les industriels se défendent en signalant que la période suivant Noël est bien difficile pour le marché. "Outre les anniversaires et Noël, les occasions de vendre des jouets sont rares". On murmure que Lego, en difficulté actuellement, espère lancer avant l'été une marque de rasoirs ainsi qu'une ligne de lingerie pour homme.

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Publié dans Société

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