Quand les exclus de Cannes se rebiffent

Une association de cinéastes vient de se créer. Son but : protester contre les décisions "arbitraires", selon elle, du comité de sélection du célèbre festival de Cannes.
La 58e édition du festival du film de Cannes, dont le jury sera présidé par Emir Kusturica, risque fort d'être mouvementée. En effet, une vingtaine de professionnels du cinéma a décidé de frapper fort à cette occasion pour dénoncer la non-sélection de leurs films. Le groupement a tout simplement prévu d'occuper les marches du palais du festival, et même d'organiser une grève de la faim.
A l'origine de ce mouvement de colère, le fait que "plusieurs films se soient vus ignorés par le comité de sélection cannois", indique Gilles-Paul D'Ohneg, le réalisateur de "Mounir et sa cousine à Center Parc". "J'ai beaucoup misé sur Cannes pour la médiatisation de mon film, et je parviendrais à mes fins, même si le soi-disant "gotha" du 7e art ne veut pas reconnaître le chef-d'uvre créé".
Autre recalé de la sélection : "L'affaire du couteau à beurre de la rue des Remparts". "Il faut croire que le public ne veut pas entendre parler d'un film dans lequel jouent des cruciverbistes dyslexiques", s'indigne Karl Youhou, réalisateur marocain.
L'organisation du festival, devant le groupe de mécontents, a promis de trouver une solution, pour ainsi éviter un "blocage" total de la manifestation. On murmure qu'un arrangement pourrait être trouvé pour que les films exclus soient malgré tout diffusés en mars prochain dans la salle polyvalente de Barjols, dans le Var.
Si un accord pouvait sauver in extremis le festival de Cannes 2005, cela permettrait aussi au public de découvrir les films incontournables : "Riri l'homme poulpe", "Mme Bruno revient", "Les carottes sont cuites", "La fille qui jouait à la marelle", "Convoi exceptionnel", "Sur la route de Malivaux", "Le cachet de la Poste faisant foi", etc.