Nadine veut sa part du gâteau

À l'instar de Paris Hilton, l'héritière de la chaîne hôtelière de luxe internationale, une Française voulait également profiter des feux de la renommée, mais elle s'est faite griller
Brune, elle a 44 ans. Divorcée, elle vit avec son fils de 15 ans. Elle aime Mike Brant et le pain d'épices. Sort son chien Pitoune deux fois par jour. Empile des caisses dans une société d'évidage de merlus près de Lorient, dans le Morbihan. Depuis quelques mois, Nadine Formulain est en rogne : elle aurait aimé bénéficier, comme son illustre cousine américaine Paris Hilton, d'une reconnaissance du monde de la Jet-set, et aspirer à un avenir plus enjoué.
En effet, Gilbert Formulain, son père, est à l'origine des célèbres établissements hôteliers qui garnissent les bords des autoroutes, rocades et autres aéroports : les fameux : "Formule 1". "Il a eu l'idée quand on partait en vacances, dans les années 70, avec mes frères. On n'avait pas le sou, alors on dormait dans la voiture". Nadine se souvient de cette époque où elle avait fait de la plage arrière de la Renault 14 familiale son terrain de jeu, et où grandes vacances rimaient avec senteurs de vieilles chaussettes.
En rentrant de vacances, en septembre 1979, Gilbert réfléchit à un concept d'hôtels pas chers, où les lits seraient issus de la récupération de vieilles banquettes de bus scolaires et où les cloisons auraient été réalisés grâce à un mélange savant de polypropylène et de plâtre MacoMoulage. "Le premier Formule 1 a ouvert à Mutrille-sur-Bouges en 1983. Le succès a été immédiat". La chaîne s'est vite développée, si bien qu'actuellement, on compte plus d'une centaine d'hôtels en Europe.
"Formule 1 est une enseigne reconnue et appréciée, mais les héritiers n'ont jamais touché un seul dividende", déplore Nadine. Il semblerait que Gilbert Formulain, mal conseillé par son avocat, ait signé un accord avec la Fédération internationale de l'automobile (FIA), à qui sont reversés tous les bénéfices du groupe depuis le décès du fondateur en 1991.
"Regarder les podiums des grands prix me dégoûte. Quand je pense que tout ce champagne, c'est moi qui pourrait le gaspiller !", enrage Nadine, entre deux caisses de merlus.