Le destin aigre-doux de Zin Tao Li

Publié le par Athokem

Zin Tao Li fut élevé dès son plus jeune âge dans la spiritualité la plus totale. Son grand-père était un ancien chevalier du Khon-Tâ, descendant direct de la lignée du Chan-Kao, qui régnait sans partage sur la province la plus à l’ouest de la Chine. Le vieil homme avait appris à son petit-fils les plantes, les animaux et leurs significations. Il avait plus certainement éveillé son descendant à l’art de manier le sabre, à se défendre à mains nues contre un tigre et à briser le cou de plusieurs opposants dès lors qu’il était assailli.

Longtemps, pendant sa jeunesse, Zin Tao, surnommé "Foudre de pluie" par les siens, suivit un enseignement sévère, qui ne lui donnait aucun répit, mais le confrontait chaque minute à puiser dans son esprit la force et le bien-être pour accomplir sa destinée.

Devenu adulte, Zin Tao comprit que le pouvoir transmis par son grand-père était un bien précieux qu’il ne pouvait gaspiller, mais devait dispenser aux âmes égarées. Délaissant les biens matériels, il prit la route du nord, traversant les montagnes. A chaque carrefour, il rencontrait des jeunes auxquels il enseignait l’art du camouflage et la philosophie Chan-Kao, leur révélant l’arme du Chat et la posture du Dragon. Dans son sillage, il laissait des villages entiers acquis à sa cause.

Le petit bonhomme parcourut plusieurs centaines de kilomètres à pied où il appris à ne compter que sur lui-même et son expérience. Plusieurs fois, il dut lutter contre des bandits de grand chemin et se cacher pour échapper à la sanguinaire mafia chinoise à qui il tenait tête constamment.

Arrivé au temple de Ban-Houit en haut de la montagne, le sage barbichu le fit monter dans son bureau pour lui délivrer un message. Il fallait qu’il retourne à la ville vivre avec les siens. Le temps de l’enseignement était terminé.

Obéissant au sage barbichu, Zin Tao fit demi-tour. Il ne s’arrêta pas, là où de grandes fêtes étaient célébrées en son honneur. Regagnant la ville, il découvrit sa famille abattue et décimée. Son père mendiait et sa mère s’était prostituée pour subvenir à leurs besoins. Ne trouvant aucun travail en ville, le développement économique ayant paradoxalement créé pauvreté et détresse, jetant des millions de personnes à la rue, Zin Tao décida de quitter son pays. Aujourd'hui, il a 55 ans.

"Les délices d'Orient", son restaurant de spécialités asiatiques (et plats à emporter), vient d'ouvrir à Brimure-Sur-Forges (Essone).

Publicité

Publié dans Société

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Z
En ce moment aux "Délices d'Orient", pour tout menu pris à emporter, un sachet de chips à la crevette offert. Offre valable jusqu'au 15/09/2005.
Répondre
B
Je connais bien Zin Tao Li. Nous avons souvent combattus l'un contre l'autre dans les montagnes Hsu. C'est un noble guerrier, admirable dans la posture de "la hyène en chaleur" et celle de "l'ours ivre de miel sucré". J'ai un profond respect pour cet homme, pour tout ce qu'il est et ce qu'il représente. Son parcours m'a longtemps servi d'exemple...<br /> <br /> Mais ormis ça, ce con m'a coupé les 2 bras un jour lors d'un combat, et je lui en veux un peu... (Nb : J'écris ces quelques mots sur mon clavier avec mon nez). C'est bien fait pour sa gueule son histoire de resto chinois ! Connard !
Répondre
K
Cher Atchoum Web, j'ai regardé l'autre jour un film chinois des années 60. Cela m'a beaucoup plu. Mais dans une scène de combat, j'ai cru voir en arrière plan Jean-Baptiste Monnier. J'ai été surpris évidement, me demandant si mon idole de 14 ans n'était pas agé d'environ 74 ans... Je me renseigne là dessus et je vous tiens au courant. A bientot.
Répondre
M
Le ton de cet article change... J'aime beaucoup. <br /> Là c'est pas de l'actualité décalée, cette histoire pleine d'ironie et de cynisme pourrai probablement s'avérer vrai, à quelques détails près... ;)
Répondre