La cryogénisation "faite-maison" : un réel danger

Le ministère français de la Santé va lancer dans les prochains jours une grande campagne de communication pour rendre compte des dangers de la cryogénisation sauvage.
On se souvient encore du Docteur Martinot, qui avait cryogénisé en 1984 le corps de sa femme, espérant que les progrès de la science lui rendraient un jour la vie. Il avait ensuite demandé à ses enfants de le cryogéniser auprès de son épouse, pour que la science puisse à nouveau les réunir dans le futur. Ce cas qui avait fait grand bruit, avait le mérite d'être réalisé dans des conditions scientifiques et de respect de la personne totales.
Mais il semblerait que cette pratique, qui intéresse de plus en plus notre société, suscite l'intérêt de personnes pas toujours prêtes à s'équiper dans les règles. Ainsi, l'AFP vient de révéler l'histoire de cet ancien plombier qui, il y a dix ans, a souhaité cryogéniser sa femme, dans le but de la faire revivre quelques années après. Disposant de peu de moyens, il eut comme idée de voler, après de nombreux repérages des tournées, un camion de produits surgelés, et de le camoufler sous son hangar pendant dix ans !
Les habitants de Mignules-les-Trois-Gourmettes (Pas-de-Calais) ont été sidérés par cette nouvelle diffusée en début de mois. Gilbert Birer, l'ancien plombier du village, gardait sa femme congelée chez lui depuis dix ans, dans un camion frigorifique, au milieu des crêpes au jambon et autres glaces pistache-chocolat !
"Ca m'avait bien semblé louche ce camion qui tournait jour et nuit chez les Birer, mais je m'étais habituée au bruit", explique cette voisine stupéfaite. "Moi, je trouvais qu'il faisait beaucoup d'aller-retour à la station-service pour se fournir en gasoil", affirme le pompiste du coin.
Mais le plus dramatique, c'est quand il a fallu faire entendre raison à M. Birer et le sommer de cesser la cryogénisation. Des équipes médicales des Etats-Unis et même de la Lozère se sont rendues sur place pour tenter de sauver Mme Birer, cryogénisée à l'âge de 44 ans, alors qu'elle était atteinte d'un aphte. "Nous avons pris en charge la patiente dans un état de congélation prononcée, et au bout de plusieurs heures de soins, et ce malgré l'utilisation des techniques les plus pointues existantes, nous n'avons pu sauver que quatre bâtonnets de poisson pané qui étaient restés collés sur son abdomen", décrit le Professeur A. Glasse-Picque.
C'est pour éviter de pareils drames que le ministère de la Santé, grâce à sa campagne publicitaire, espère sensibiliser les uns et les autres aux dérives possibles de pratiques de cryogénisation "faites-maison".