Finies les Promos ! Vive les Pormos !

Les soldes d’hiver ne surprennent plus personne. Depuis plusieurs années maintenant, chaque mi-janvier, la France assiste au même rituel : -30, -40, -50% !!! Malheureusement, pas d’innovations dans les techniques de vente : toujours de grands panneaux fluo avec dessus de gros prix rouges barrés. Cependant, de petits commerçants tentent de tirer leur épingle du jeu en proposant des offres hors du commun à leurs clients, comme Victor Pivert, petit quincaillier de Monptiperrache (près de Toulouse). L’homme a frappé un grand coup.
Victor Pivert en avait marre. Jusqu’alors, personne ne passait dans sa quincaillerie lors des soldes. « C’était vraiment drômatique pour ma femme Berthe et moi, nous déclare ému ce spécialiste des poêles et autres ustensiles métalliques. On vendait que dalle et chôque année on bouffait des pâtes à cette période. Y en avait môrre ! ».
Bien décidés à sortir du marasme commercial qui les mine, le vieil homme et sa vieille femme avaient donc décidé de changer leur communication. Finis les panneaux « Soldes » avec le petit chat mielleux jouant à la balle, finies les étiquettes « Affaires en Or » cerclées d’argent, ou bien encore la fidèle pancarte « -20% sur les cocottes-minute ! » avec le visuel de cuisine des années 70.
C’est après avoir fait appel aux talents créatifs de son petit fils Kevin pour créer de nouveaux visuels plus « vendeurs » que Victor a enfin pu installer dans son échoppe sa nouvelle et peu commune campagne de communication. « J’ai appelé ça les « Pormos », déclare le quincaillier tout fier de son coup de pub. Depuis que j’ai çô en vitrine, le magôsin ne désemplit pô ! ».
Il faut tout de même dire que cela a de quoi interpeller les clients. Imaginez vous passer devant une vitrine remplie de photos à caractère pornographique, mettant en avant des produits de quincaillerie par de subtils slogans comme « On ne refuse pas une belle queue plate », « Tous à poêle ! » ou bien encore le fameux « Une fuite au trou ? Ajustez la rondelle ! ». Il y a de quoi en rester pantois…
Mais le succès fut de courte durée. Ayant pris connaissance des agissements commerciaux du couple, la police municipale a ordonné la fermeture de l’établissement pour « trouble de l’ordre publique ». Les représentants de la force publique ont pris soin de bien saisir tous les panneaux à caractère obscène et les ont placé en lieu sûr, dans leur commissariat…
Réouvert depuis peu, le magasin de Victor et Berthe Pivert est redevenu trop tranquille… et le vieux couple mange à nouveau des pâtes.