Une deuxième vie pour les jouets rejetés

Publié le par Athokem



 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
A Meaux, en banlieue parisienne, deux gaillards gardent depuis fin décembre l'entrepôt de Damy Toys Prod, une association humanitaire qui collecte les jouets défectueux ou rejetés par les enfants français. Certains jouets sont envoyés en Afrique ou en Asie pour les familles défavorisées. La démarche est noble, et pourtant l'action est parfois décriée.

Mathieu Grosdidier et Tony Piroux veillent sur un trésor qui ferait saliver certains enfants de par chez nous. En effet, les jouets entreposés là, sur de vulgaires palettes en bois, ont été retournés après Noël dernier par des gamins pourris-gâtés. 
Il y a deux types de jouets : les "cassés" et les "refusés".

Du coté des "cassés", on trouve ici un Action-Man décapité, là une Bratz fondue au micro-ondes ou encore une mini-guitare blanche au manche explosée. Une fois broyés, les jouets en mauvais état sont recyclés pour produire du plastique contenu dans les voiturettes et les lunettes de WC.
"Mais nous ne stockons pas que des jouets défectueux, ajoute M. Grosdidier. On trouve aussi dans le hangar des articles qui n'ont pas été acceptés par les enfants, en raison par exemple d'une grand-mère pas assez vigilante sur le cadeau commandé, comme ce jeu de Trivial Pursuit en Lituanien". 

Une fois triés, les jouets refusés partent en camion vers les pays défavorisés d'Afrique et d'Asie. la distribution se fait au gré des villages traversés. "Une année, on avait passé un partenariat avec le Paris-Dakar, pour demander que les co-pilotes lancent aux villageois un jouet tous les 30 kilomètres. Mais on a eu un problème le jour où un touareg s'est pris un Playmobil dans l'œil".
Parfois, c'est l'incompréhension qui domine. Comme dans cette région indonésienne où l'eau et l'électricité manquent. Les bénévoles ont été caillassés alors qu'ils apportaient des Quizakos et des Cluedo vidéo.

L'association Damy Toys Prod s'est aussi attirée les foudres des représentants de la Croix-Rouge tandis qu'elle offrait des coffrets de Docteur Maboul à des enfants lépreux. "Ce n'est pas de notre faute si les enfants sont joueurs et ont voulu pratiquer le jeu sur eux", se défend Stéphane Senourri-Demars, président de l'association.
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Publié dans Société

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