Biocarburants : sortez les mouchoirs !

Hausse du pétrole, essence trop chère : ces derniers mois ont été douloureux pour les porte-monnaies français. Les carburants ont littéralement flambé. En conséquence, les initiatives en faveur du développement des énergies renouvelables, et notamment des biocarburants, se sont multipliées. Les projets de création d'unités de production de carburant "propre", comme par exemple l'huile de colza, ont fleuri.
Des chercheurs ont également trouvé d'autres possibilités, comme la récupération des morceaux de crayons de couleur taillés dans les écoles. Les déchets de crayon récupérés, une fois broyés et liquéfiés, permettent de fournir un bon complément aux carburants classiques.
En Ardèche, département-pilote pour le ramassage des bouts de crayons de couleur et autres "crayons de bois", la filière de recyclage financée par le conseil général à hauteur de 4,9 millions d'euros, a récupéré en un mois près de 400 tonnes de bois.
Mais aux ressources issues des végétaux, il faut désormais ajouter celles qui proviendraient de l'homme lui-même. Ainsi, le chimiste groboisien Joël Pipounaud a réussi à obtenir un biocarburant à base de morve. "L'étincelle m'est venue justement dans ma voiture. Je m'ennuyais et j'ai décidé de brûler un mouchoir en papier pour passer le temps : une flamme bleue est apparue, synonyme de présence d'un gaz exploitable pour la constitution d'une source d'énergie de propulsion !!!".
Fort de cette découverte, M. Pipounaud a fabriqué un appareil fonctionnant au fioul permettant d'extraire la morve des mouchoirs en papier et de les recueillir dans un bac de 60 litres. "Une fois filtrée, la morve est un complément aux carburants ordinaires écologique et très efficace. La preuve : avec ma Talbot Horizon, je ne roule plus qu'avec du complément de morve, et j'ai déjà fait plus de 10.000 km sans le moindre pépin".
Mais le chercheur, toujours prompt à entrevoir les défauts de son invention, sait également en indiquer les limites. "Malheureusement, recourir à un tel produit serait difficile l'été, tandis que la production s'accélérerait l'hiver, en pleine période de rhumes et de grippes".